Santa Margherita Ligure et Portofino

La suite du voyage, le 3 avril


Nous partons, tôt le matin, en train, pour Santa Margherita Ligure, sans Valeria ni Thomas qui devaient pour rejoindre plus tard en bus (ils ont pris finalement un taxi pour déjeuner avec nous à Portofino...) dans le but de faire une petite croisière en bateau, principalement pour visiter Portofino et surtout l'Abbaye qui n'est accessible qu'en bateau ou via des chemins de randonnée.

Santa Margherita Ligure

Santa Margherita Ligure est une station balnéaire de la Riviera di Levante (Ligurie, Italie), souvent surnommée la « Perle du Tigullio » ou la « grande dame » de la côte. Située dans le golfe du Tigullio, entre Rapallo au nord et Portofino au sud, elle offre un mélange de charme historique, d’atmosphère raffinée et de proximité avec la nature préservée du Parc régional de Portofino.

Avec environ 9 000 habitants, cette commune de la ville métropolitaine de Gênes est une destination prisée pour son front de mer bordé de palmiers, ses villas Belle Époque, ses ruelles colorées.

Les origines de Santa Margherita Ligure remontent à l’Antiquité romaine, avec un probable établissement appelé Pescino. Au Moyen Âge, le site fut dévasté par les invasions lombardes (notamment celle du roi Rothari en 641) et par les raids sarrasins. Au XVe siècle, elle subit des attaques de la République de Venise lors des rivalités maritimes avec Gênes.

Au XVIe siècle, la République de Gênes fit construire le Castello di Santa Margherita Ligure (1550) pour se protéger des pirates nord-africains. Les deux anciens bourgs de Corte et Pescino fusionnèrent progressivement. Au XIXe siècle, avec l’arrivée du tourisme aristocratique européen, Santa Margherita se transforma en villégiature élégante. Après la Seconde Guerre mondiale et surtout dans les années 1960, elle devint une destination touristique majeure, sans jamais tomber dans l’excès de béton comme certaines stations voisines. En 1813, sous Napoléon, elle fut brièvement renommée Porto Napoleone.



Petit déjeuner pour ceux qui ne l'avait pas pris au lever, au coin de la rue... un peu bruyant du fait de la circulation, mais très bonnes viennoiseries... : 

Les façades sont belles, décorées et bien entretenues.


La statue de Vittorio Emanuele II que nous avons vue à Santa Margherita Ligure est un monument en bronze érigé en 1894 sur la promenade (lungomare), place Martiri della Libertà.

Elle représente le roi debout, en uniforme militaire, et fait partie des nombreux hommages rendus à Vittorio Emanuele II après sa mort, symbole de l’unité italienne nouvellement acquise. Il y a d’ailleurs plusieurs statues de lui en Italie (la plus célèbre étant le gigantesque Vittoriano à Rome, dit « Altar de la Patrie »).

C’est un monument typique de la fin du XIXe siècle, époque où l’Italie honorait les héros du Risorgimento.

Vittorio Emanuele II (en français : Victor-Emmanuel II) est une figure historique majeure de l’Italie :

  • Né le 14 mars 1820 à Turin, mort le 9 janvier 1878 à Rome, roi de Sardaigne (Royaume de Piémont-Sardaigne) de 1849 à 1861, il est considéré comme le père de la patrie italienne (Padre della Patria) car il a joué un rôle central dans le Risorgimento (l’unification italienne au XIXe siècle). Avec l’aide de son Premier ministre Camillo Cavour, du général Giuseppe Garibaldi et d’autres patriotes, il a permis la création du Royaume d’Italie moderne en unifiant les différents États de la péninsule : il fut le premier roi d’Italie à partir du 17 mars 1861, jusqu’à sa mort.
  • Il était issu de la maison de Savoie, une dynastie ancienne qui régnait sur le Piémont et la Sardaigne. Après l’unification, il a choisi de conserver le numéro « II » (comme roi de Sardaigne) plutôt que de devenir « Victor-Emmanuel Ier d’Italie ».


Vues du port de Santa Margherita Ligure :









Oh ! Les amoureux... !


Et Mathieu, toujours aussi triste de l'absence de Claire...


On reprend notre périple en bateaux...




... vers Portofino...




Portofino

Portofino est l’un des villages les plus emblématiques et glamour de la Riviera di Levante. Situé sur une petite péninsule au cœur du golfe du Tigullio, il incarne l’élégance méditerranéenne avec son petit port en forme de demi-lune bordé de maisons colorées (jaunes, roses, ocres), ses yachts de luxe et son arrière-plan de falaises verdoyantes couvertes de maquis et de pins.

Avec seulement environ 350 à 400 habitants permanents, Portofino reste un tout petit bourg, mais il attire chaque année des dizaines de milliers de visiteurs. Il fait partie du Parc régional de Portofino (Parco Regionale di Portofino), qui protège ses paysages exceptionnels. Le village est souvent décrit comme un symbole de la dolce vita italienne, un mélange de charme authentique de village de pêcheurs et de luxe discret.

Les origines de Portofino remontent à l’Antiquité : les Romains l’appelaient Portus Delphini (« port des dauphins »), en raison des dauphins qui fréquentaient la baie. Au Moyen Âge, le site fut disputé entre différentes puissances (Gênes, les Lombards, les Sarrasins). La République de Gênes en fit un point stratégique pour contrôler la côte.

Au XIXe siècle, Portofino commença à attirer les artistes, les écrivains et l’aristocratie européenne. Au XXe siècle, surtout dans les années 1950-1960, il devint le refuge préféré du jet set international : Humphrey Bogart, Lauren Bacall, Elizabeth Taylor, Richard Burton, Marcello Mastroianni et bien d’autres y séjournèrent. Le village conserva son âme de petit port de pêche tout en devenant une destination privilégie des touristes. Aujourd’hui, il reste protégé contre le surdéveloppement : les voitures sont limitées, et l’accès est réglementé en haute saison pour préserver la tranquillité.

Le village est entouré par la Réserve marine protégée de Portofino, permettant la plongée sous-marine pour l’observation de la faune marine.

Portofino est souvent comparé à un « Beverly Hills italien » ou à une carte postale vivante. Il offre un luxe discret, loin du tape-à-l’œil. Malgré sa popularité, le village conserve paraît-il une certaine intimité une fois la nuit tombée, quand les touristes du jour repartent.










L'Abbaye de San Fruttuoso

L’Abbaye de San Fruttuoso (en italien : Abbazia di San Fruttuoso di Capodimonte) est un joyau architectural et historique situé dans une petite baie isolée de la côte ligure, entre Camogli et Portofino, au sein du Parc naturel régional de Portofino. Elle se niche au pied du mont de Portofino, accessible uniquement par bateau ou par des sentiers de randonnée escarpés à travers la forêt. Ce complexe monastique bénédictin, enchâssé entre mer turquoise et végétation méditerranéenne, allie harmonieusement histoire, architecture romane et cadre naturel exceptionnel.

Les origines de l’abbaye remontent au VIIIe siècle, selon la tradition. Des moines grecs, fuyant l’invasion arabe en Espagne, auraient apporté les reliques de saint Fructueux (Fruttuoso), évêque de Tarragone martyrisé en 259 sous l’empereur romain Valérien, avec ses diacres Augure et Euloge. L’évêque Prospero de Tarragone, réfugié dans la baie après avoir vu le saint en rêve, y aurait construit une première église près d’une source d’eau douce — élément crucial dans ce site escarpé. Des ruines d’une « Chiesa Vecchia » (église ancienne) subsistent à mi-pente sur la colline.

Au Xe siècle, l’impératrice Adélaïde de Bourgogne, veuve d’Otton Ier, favorise la reconstruction du site. L’abbaye devient alors un monastère bénédictin. Elle connaît son apogée au Moyen Âge grâce à des donations (notamment du évêque de Gênes en 984-994) et exerce une influence spirituelle et économique sur la région (terres à Portofino et environs).

Dès le XIIIe siècle, la puissante famille génoise Doria prend le patronage de l’abbaye. Elle en modifie l’aspect, transforme une salle en sépulcre familial et y fait enterrer plusieurs membres entre 1275 et 1305. Au XVIe siècle, l’amiral Andrea Doria commande des travaux sur le cloître. La famille Doria conserve l’abbaye jusqu’au XXe siècle (derniers descendants Doria Pamphilj).

L’abbaye décline à partir du XVIIe siècle : elle sert parfois d’étable ou de repaire de pirates. En 1730, Camillo Doria la restaure partiellement. Un glissement de terrain majeur en 1915 endommage le site ; l’État italien le restaure en 1933. En 1983, la famille Doria Pamphilj en fait don au Fondo Ambiente Italiano (FAI), équivalent italien du National Trust. Le FAI entreprend d’importantes restaurations (1985-2017), valorisant notamment la source d’eau et les structures. L’abbaye est aujourd’hui un bien culturel ouvert au public et siège d’une paroisse.

Depuis 1954, la baie abrite le célèbre Cristo degli Abissi (Christ des Abysses), statue de bronze de 2,50 m sculptée par Guido Galletti et placée à 17 m de profondeur. Elle rend hommage aux plongeurs disparus en mer (notamment Dario Gonzatti) et fait l’objet de processions annuelles depuis l’abbaye.











L’abbaye présente un style principalement roman (Xe-XIIe siècles), avec des ajouts gothiques et Renaissance, typiques de l’architecture ligure. Le complexe inclut l’église, le cloître, les bâtiments monastiques et une tour défensive. Le tout s’intègre parfaitement au paysage rocheux de la baie.

  • L’église : Construite ou reconstruite aux Xe-XIe siècles, elle est divisée en deux parties (chœur monastique et nef paroissiale). Elle abrite les reliques de saint Fructueux dans un coffre en argent sur l’autel. La tour-clocher (campanile) présente une coupole de style byzantin (initialement sphérique, remplacée par une forme octogonale). Des enduits et dallages du Xe siècle subsistent. Une sacristie du XVIe siècle donne accès à l’intérieur.
  • Le cloître : Élément central et remarquable. Le cloître inférieur, roman du XIIe siècle, est surmonté au XVIe siècle (à la demande d’Andrea Doria) d’un étage supérieur avec déambulatoire, colonnes et voûtes d’arêtes. Des matériaux antiques et médiévaux ont été réutilisés. Le cloître inférieur servait aux sépultures. Les arcades alternent bandes de pierre noire (ardoise) et blanche (marbre), typique de l’art ligure.
  • Le corps de bâtiment vers la mer : Ajouté au XIIIe siècle par les Doria, il évoque les palais aristocratiques génois avec deux ordres de trifore (fenêtres géminées à trois ouvertures) gothiques, offrant une vue spectaculaire sur la baie. C’est l’un des espaces les plus impressionnants (« Salone Abbaziale »).
  • La crypte et tombes Doria : Dans le cloître inférieur ou adjacent, huit tombes en arcosolium (1275-1305) ornées de bandes noires et blanches. Un sarcophage romain antique y est également visible.
  • La Torre Doria : Tour carrée défensive construite en 1562 par Giovanni Ponzello sur ordre des héritiers d’Andrea Doria. Elle protégeait le bourg et la source d’eau contre les pirates barbaresques. Elle domine encore la baie.

L’ensemble reflète plusieurs phases : fondation byzantine-influencée (Xe siècle), expansion romane (XIe-XIIe), intervention gothique des Doria (XIIIe) et modifications Renaissance (XVIe).

L’Abbaye de San Fruttuoso constitue un témoignage exceptionnel de l’histoire monastique ligure, de l’influence des grandes familles génoises et d’une architecture harmonieusement intégrée à un environnement naturel préservé. C’est un lieu où se mêlent spiritualité, art médiéval et beauté méditerranéenne, offrant une immersion hors du temps.



Nous repartons...



Magnifique vue de puis le bateau des Alpes Ligures et Marittime (frontière avec le Piémont et la France) : des sommets comme le Monte Beigua (1287 m) et d’autres crêtes. Ces montagnes ont conservé de la neige en avril grâce au bon enneigement hivernal.

Pour revenir déjeuner à Portofino et retrouver Valeria et Thomas... 



Retour à Portofino



Repas du midi au restaurant da J Gemelli : un régal, avec un service des plus sympathiques, dans une atmosphère est à la fois chic et décontractée, offrant une cuisine est typiquement ligure : pesto alla genovese (avec trofie ou trenette), focaccia, fruits de mer frais (anchois, moules, poisson grillé), gamberi (crevettes), et enfin vins blancs locaux secs ou le fameux Sciacchetrà (vin de dessert) que nous n'avons cependant pas goutés.

Da i Gemelli est en effet l’un des restaurantsles plus emblématiques et appréciés de Portofino. Situé en plein cœur du village, directement sur le port, il incarne l’élégance ligurienne avec une spécialité affirmée pour la cuisine de la mer et le poisson ultra-frais.

Le restaurant est tenu par les frères jumeaux Matteo et Paolo Giovannini Gazzolo. Le nom « Da i Gemelli » signifie littéralement « Chez les Jumeaux ».





Le repas terminé, balade dans et autour de Portofino :




Portofino, avec son petit port en forme de demi-lune bordé de maisons colorées pastel, ses falaises verdoyantes, sa lumière méditerranéenne changeante et son atmosphère intime a toujours exercé une fascination sur les artistes (petite explication en suivant ce lien...)

Début de la promenade autour de Portofino, en hauteur fournissant de belles vues en plongée du village :





Chiesa di San Giorgio

Première visite en montant, la Chiesa di San Giorgio (église Saint-Georges), monument emblématique de Portofino, perchée sur le promontoire rocheux qui domine le port. :


Un cimetière se trouve directement à l’arrière de la Chiesa di San Giorgio, sur la colline qui surplombe le village de Portofino :





Nouvelle destination, Castello Brown, toujours en surplombant le village...












Castello Brown

Ancienne forteresse militaire transformée en résidence élégante, puis en musée et lieu d’événements, il combine histoire, architecture et nature dans un cadre romantique.

Les origines du Castello Brown remontent au Moyen Âge (premières mentions au XVe siècle, vers 1425-1430). La République de Gênes l’érigea en position dominante pour défendre le port contre les attaques des pirates sarrasins et les rivalités régionales.

Entre 1554 et 1557, l’ingénieur militaire Giovanni Maria Olgiati (au service de Charles Quint) agrandit considérablement la structure : nouvelle plateforme vers le port, renforcement des défenses, canons et logements pour la garnison. En 1575, le château repoussa avec succès une attaque menée par l’amiral Giovan Andrea Doria.

Au fil des siècles, il subit des transformations et fut en partie endommagé ou abandonné après le Congrès de Vienne (1815). En 1867, le consul britannique Montague Yeats Brown l’acheta pour la somme modique de 7 000 lires. Fasciné par le site aperçu depuis son yacht Black Tulip, il le transforma en résidence privée raffinée avec l’aide de l’architecte Alfredo d’Andrade et de l’ingénieur Pietro Tamburelli. En 1870, pour son mariage, il planta lui-même sur la terrasse principale les deux fameux pins maritimes qui devinrent l’emblème du château.

Après sa mort en 1905, la propriété passa à ses descendants, puis à la famille Baber (1949). En 1961, la commune de Portofino l’acquit et le destina à des usages publics et culturels



Le Castello Brown conserve son allure de forteresse médiévale avec des murs épais, des terrasses défensives et des éléments militaires (plates-formes à canons). L’intérieur, réaménagé au XIXe siècle, présente un style néo-gothique élégant : escalier en céramique décorée, salles avec mobilier d’époque, reliefs en marbre et ardoise.








C’est sans doute l’attraction principale : depuis les terrasses et le sommet du château, la vue est vertigineuse. On domine littéralement la Piazzetta, le port avec ses yachts, la Chiesa di San Giorgio et toute la baie... Sans doute la plus belle vue de Portofino.






Puis descente cers Portofino par un charmant sentier pédestre :


Enfin retour sur le port pour le retour vers à Santa Margherita Ligure... Thomas ayant pour mission d'acheter les billets de bateaux pour Valeria et lui-même, et de s'assurer que les autres billets qui avaient été déchirés lors de notre denier embarquement étaient toujours valables... !

Derniers aurevoirs à Portofino depuis le bateau...

Le port


Chiesa di San Giorgio

Castello Brown


Retour à Santa Margherita Ligure

Après la traversée, Retour sur la terre ferme à Santa Margherita Ligure :

Courses pour le soir dans les rues piétonnes typiques, dans de belles boutiques aperçues avant d'aller au restaurant : pâtes et charcuterie italiennes... :

Retour à Levanto...

Pour le repas...